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S'il avait poursuivi sa filière initiale, Jean-Claude Belloc serait depuis longtemps à la retraite. Professeur de mathématiques pendant vingt ans, notamment au collège Jean-Moulin à Marmande, il a décidé un jour de changer d'orientation.
Il a laissé tomber la craie et les équations pour passer derrière les fourneaux. « Il s'agissait d'une période délicate de ma vie, confie-t-il avec beaucoup de douceur dans la voix. J'ai divorcé et eu envie de refaire ma vie de A à Z. L'opportunité de rebondir dans l'art culinaire, ma passion, s'est présentée. J'ai franchi le pas sans tergiverser. »
Vingt-deux ans après, le chef du restaurant l'Escale à Fourques-sur-Garonne, ne regrette rien. À 66 ans, il n'est pas prêt à remiser la toque pour chausser les pantoufles. Même s'il a fait valoir ses droits à la retraite. Dans son établissement, il se sent comme un coq en pâte, toujours prêt à rendre service en salle, notamment pour la cuisson des viandes au feu de bois. Car la cuisine est désormais le royaume de sa fille cadette, Marion. Et vendredi dernier, entouré de ses fournisseurs et de ses amis, il lui a transmis les clefs de la maison.
L'heure n'est pas encore à la nostalgie, néanmoins, Jean-Claude Belloc aime à se souvenir d'une vie bien remplie dans ce métier de partage, d'amitiés et de rencontres. « J'ai toujours rempli ce métier avec simplicité et beaucoup d'amateurisme. Et si le nom du restaurant apparaît dans le guide Michelin et le Gault et Millau, c'est venu comme ça. Je n'ai jamais couru après. D'autant que c'est parfois une charge difficile à supporter. » Toujours d'une humilité à fleur de peau, pudique, il n'est pas homme à se dévoiler, à confier ses vrais sentiments. Il préfère jouer avec les mots comme avec les mets...alain goujon |