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Son nom restera comme celui d'une figure majeure de la cuisine française de l'après-guerre. Charles Barrier est mort mercredi 25 novembre à Saint-Cyr-sur- Loire (Indre-et-Loire), à l'âge de 93 ans. Installé à Tours, il fut comme ses contemporains André Guillot (Auberge du Vieux-Marly) et Jean Delaveyne (Le Camelia, à Bougival), un passeur remarquable, un initiateur et un précurseur de la nouvelle cuisine qui a marqué les années 1970, n'accordant d'importance qu'au produit, à la rigueur de la méthode et au travail.
Né le 30 avril 1916 à Cinq-Mars-la-Pile (Indre-et-Loire) dans une famille paysanne de huit enfants, il devint apprenti pâtissier à l'âge de 12 ans, avant de faire son apprentissage à Langeais, puis Chez Bouzy, à Tours, et de parfaire ses connaissances chez Lucas Carton et chez Larue, à Paris, où le fameux chef Edouard Nignon (1865-1934) reçut le président Wilson en 1919. On le trouve aussi dans les grandes brigades hôtelières, au Paris, à Monte-Carlo, et au Majestic, à Vichy.
A la Libération, Charles Barrier (28 ans) place ses maigres économies dans l'achat d'un restaurant situé sur la rive droite de la Loire à Tours. L'établissement est en ruines car la ville a été dévastée par les bombardements. Ce n'est plus qu'un baraquement en bois à l'enseigne insolite : Le Nègre. La première étoile Michelin lui est accordée en 1955. L'inspecteur du célèbre guide, qui vient lui annoncer la nouvelle, mettait du beurre dans les épinards en vendant du champagne. Il lui propose d'en acheter : " Tous vos collègues font pareil." "L'année suivante il était viré", confiait Charles Barrier au Figaro, le 15 octobre 2007. Les Tourangeaux viennent nombreux au 101, rue de la Tranchée qui s'appelle désormais Chez Barrier. En 1960 et 1968 arrivent les deuxième et troisième étoiles Michelin. Entre-temps, Charles Barrier prépare et obtient du premier coup, en 1958, le concours de Meilleur Ouvrier de France, "ma plus grande fierté, dit-il, et peut être la seule chose qui me semble dénuée de vanité".www.lemonde.fr
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