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Ferran Adrià: rencontre à froid |
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Pour la 4e année consécutive, sa table, El Bulli, vient d’être élue meilleur restaurant du monde par le magazine britannique « Restaurant ». Le chef espagnol nous livre son sentiment sur ce palmarès et revient sur les attaques dont sa cuisine dite moléculaire fait l’objet.
Le personnage – icône de la nouvelle scène culinaire espagnole – et sa cuisine, qualifiée (un peu vite) de moléculaire, nourrissent de nombreux fantasmes. Sûrement parce que trop peu de clients parviennent à décrocher une table et à se faire leur propre idée. Le restaurant n’accueille en effet que 8 000 chanceux par an pour 2 millions de demandes. Dans un livre Une journée à El Bulli qui vient de paraître, Ferran Adrià lève le voile sur le quotidien de son restaurant.
LE FIGARO. – Ça veut dire quoi, être le meilleur restaurant du monde ?
Ferran ADRIÀ. - Il n’y a pas de « meilleur », c’est idiot. Meilleur en quoi ? Dans quelle circonstance ? Cela dépend de ce vous recherchez au restaurant : un endroit où passer une bonne soirée avec des amis ou une expérience ? À El Bulli nous proposons une expérience émotionnelle (certains critiques parlent de performance artistique, NDLR). L’idéal est de la vivre à deux, pour une table de deux. Je n’ai pas envie que les convives se demandent pendant tout le repas comment ont été réalisés les plats, j’aimerais qu’ils se concentrent sur ce qu’ils ressentent.
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