|
Les exposants ont payé cher leur emplacement (on parle de 2 500 euros le mètre carré). D'où le regroupement de nombreux vignerons pour être présent au Salon Vinexpo, organisé à Bordeaux du 21 au 25 juin.
Quelques vignerons en agriculture bio ont fait le déplacement jusqu'en Gironde.
Ils sont moins nombreux que leurs confrères en agriculture traditionnelle.
Et pour cause. Si la tendance bio va en augmentant, en France et dans la région, elle demeure minoritaire. « Dans la vallée du Rhône, on estime à 2 % la part du marché bio », indique Jérôme Villaret, directeur du service économie d'Interhône, l'interprofession des vins de la vallée du Rhône. En volume, cela représente quelque 100 000 hectolitres, ou une dizaine de millions de bouteilles. Le bio est une niche prometteuse, qui du coup suscite un intérêt de l'interprofession. Une grande enquête est lancée pour savoir le pourquoi du comment, décrypter les modes de consommation, entre autres.
I
l faudra attendre l'automne, ou du moins la fin des vendanges pour les résultats.
En attendant, un vigneron de talent, David Reynaud, du domaine Les Bruyères, évoque les contraintes et avantages de ce mode de fonctionnement. Le jeune homme de 34 ans affirme : « En 2000, quand je me suis installé, j'ai choisi de me mettre en agriculture bio, c'est plus lourd financièrement mais j'aime ce côté naturel. »
Les coûts de production peuvent être multipliés par trois, surtout si les années sont difficiles. Les produits sont moins chers, mais le temps de travail est énorme.
La main-d'œuvre pèse lourd sur le budget. Et ces dépenses ne sont pas répercutées sur le prix de la bouteille.
Les crozes-hermitage de David Reynaud sont vendus entre 12,50 et 14,50 euros, rien d'exceptionnel pour cette belle appellation (et peu cher vu la qualité des nectars produits par le jeune vigneron). Il vend son vin de pays à 5,60 euros… Les investissements sont lourds : au-delà de la main-d'œuvre, il faut aussi ajouter le temps de reconversion, trois années en bio, et six ans pour la bio-dynamie, pendant lesquelles les vins sont
déclassés, sans oublier les coûts de certification AB et également bio-dynamie (pour ceux qui la pratiquent), ou quelque 1 000 euros par an supplémentaires.
Mais l'effort est récompensé, la demande et les ventes vont en augmentant.
Sophie Senty |